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Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

L´agronomie en général et tous ce qui touche de loin comme de prés a ce domaine (systèmes de cultures, exploitation, relation sol-plante, climatologie agricole, irrigation, drainage, fertilisation...)

Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Jeu Juil 28, 2011 8:03 pm

Selon la bibliographie les engrais phosphatés sont bloqués par le calcaire du sol (pH élevé). Le professeur HALITIM (pédologue) avait également noté cet antagonisme.

   Or, que faisons nous en Algérie? Souvent les engrais phosphatés sont apportés lors du labour de jachère; c'est à dire une année avant que les racines de blé absorbent les ions phosphates.

L'idéal serait d'apporter l'engrais phosphaté (superphosphate en Algérie), le plus tôt possible des besoins du blé.
Un coopérant bulgare alors enseignant à Batna (Mr DOTCHEV) m'avait parlé d'une technique dans son pays: l'engrais phosphaté était mis dans le semoir. Ainsi, la graine de blé se retrouvait dans le sol juste à proximité de l'engrais. Son seul conseil était de ne pas laisser le soir un semoir rempli d'engrais et de semences (risque de toxicité pour les emences).

La bibliographie parle d'engrais phosphaté (super phosphate) épandu au tallage. J'ai réalisé un essai dans cette optique.
Sur des parcelles de blé d'un domaine autogéré de l'Est du pays j'avais mis l'engrais azoté à différentes époques: avant le semis et au tallage. Cela, sur de petites parcelles.

J'étais heureux de voir les parcelles se développer, attendant avec impatience la récolte. Surtout que l'hiver avait été neigeux et que la neige en fondant avait dû aider à dissoudre l'engrais phosphaté apporté sur les parcelles.

J'avais mis en garde les responsables de l'exploitation: "appelez moi quand vous commencerez la récolte". J'allais souvent voir les parcelles. Un jour de juin alors que j'allais au domaine, je vis que la récolte allait bon train. Arrivant près de la parcelle d'expérimentation, je vis avec horreur qu'elle avait été récoltée.

Le labeur d'une année de travail avait perdu. J'avais fait quelques observations sur les parcelles: tallage. Mais c'était le rendement , le nombre d'épis, le nombre de grains, le poids de 1000 grains qu'il m'aurait fallu.
Conclusion: L'épandage des engrais phosphatés sur le labour de jachère soit à revoir vu les types de sols calcaires que nous avons.

ps: le blé a besoin de P dès le stade 3 feuilles. C'est à partir de ce moment là que l'absorption est la plus importante. L'idée de départ de mettre du SP 45 au tallage semble erronée. L'épandage en semis (et même en localisé) devrait être une meilleure solution.
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Jeu Juil 28, 2011 8:23 pm

Conclusion: pour les céréales d'hiver, il semble qu'il soit déconseillé d'apporter les engrais phosphaté lors des labours de jachère.
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Jeu Juil 28, 2011 10:17 pm

Qui a des remarques à faire sur le MAP? Qui l'a utilisé?


Le MAP, la référence dans la fertilisation phosphatée des céréales (ProFert).

Longtemps, la fertilisation phosphatée en Algérie était basée sur l’utilisation exclusive du TSP ou triple super phosphate.
Ce produit, apparu dans le monde au milieu des années 40, a été l’engrais phosphaté le plus utilisé, grâce à sa concentration élevée (46 %) en P205. Le TSP ou triple super phosphate est venu remplacer naturellement le super simple ou SSP 16 %.
En Algérie,  à la fin des années 1960, le choix a été fait de développer la production et l’utilisation du TSP par opposition au SSP qui était peu concentré et en quasi voie de disparition.  
Aujourd’hui le TSP est à son tour en voie de disparition, remplacé par le DAP et le MAP, partout dans le monde. Il reste utilisé exclusivement dans les pays dont les sols ont un PH acide comme dans certaines régions d’Italie, de France, en Asie et au Brésil.
La production a également  baissé et même disparu un peu partout dans le monde. La place du TSP dans les échanges mondiaux  des engrais phosphatés est très faible, moins de 10 %, comparée au DAP et au MAP.

Pourquoi Profert a  choisi de développer le MAP (PHOSFERT) ?

    * Les sols algériens sont alcalins : La fertilisation doit faire appel à des engrais 100 % assimilables et acidifiants. En effet, le P205 est très peu mobile dans le sol. Il faut l’apporter le plus proche possible des racines et sous forme acide afin de faciliter son assimilation dans des sols à PH alcalins, c’est le cas de la plupart des sols algériens, en particulier ceux des hauts plateaux, principales régions de production de céréales.

    * Le MAP est le produit qui répond le plus à ces caractéristiques.  Ses granulés sont plus petits et plus homogènes que ceux du TSP, ils sont très solubles et le P205 est  assimilable à 100 %. Le MAP contient de l’azote ce qui en fait un des engrais les plus acidifiants. Le P205 contenu dans le MAP provient de l’acide phosphorique.
    * Le TSP contient 46 % de P205. Ses granulés sont plus gros, moins homogènes et moins solubles. Le P205 est moins assimilable dans des sols alcalins car une partie (10 % environ) provient du phosphate brut. Le TSP à un pouvoir acidifiant très faible ou inexistant, l’acidité de l’acide phosphorique qu’il contient étant neutralisée par le Calcium provenant du  phosphate qui compose 35 à 40 % du TSP. Ce calcium peut même, dans certains cas, aggraver l’alcalinité des sols.
    * Le MAP est très concentré (64 unités assimilables) alors que le TSP n’en contient que 36 à 42 déclarées assimilables mais en réalité beaucoup moins dans les sols algériens étant donné l’alcalinité.  Le MAP contient de l’azote ammoniacal qui participe à l’acidification des sols et à donner, au démarrage de la culture, l’azote nécessaire à une bonne levée. Tous les essais que nous avons effectués depuis 3 ans en Algérie ont confirmé un excellent tallage et un très bon démarrage des céréales fertilisées au MAP.
      Voici les principales raisons. Il y en a d’autres, notamment le prix. Le MAP dont le prix est  25 à 30% plus cher que le TSP, à la tonne, est réellement beaucoup moins cher considérant sa teneur en élément qui est 2 fois plus élevée. Le MAP participe, grâce à son action acidifiante,  à libérer des éléments bloqués  dans le sol, par exemple les oligo-éléments, indispensables à toute culture.
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par alili mostafa » Dim Juil 31, 2011 5:33 pm

merci pour les infos ,
il faudra noter que toutes les carences en macros et micros éléments sont  conséquence de la carence en phosphore (développement racinaire) et c'est ça le problème de la fertilisation algérienne , le phosphore est très immobile dans le sol , il faut  l'apporter  tôt (en localisation ou avant semis  de 1 mois),
autre chose a dire , c'est pas Profert qui a choisi le MAP , ce dernier est un engrais classique , utilisé auparavant dans d'autres pays développes (france , espagne ...).
c'est bon pour les erreurs de la fertilisation phosphaté , mais pour d'autres grandes erreurs commises et déployés par cette entreprise soit-disant spécialisée dans la fertilisation minérale ; les engrais chlorés tel le 15.15.15 et le 16.16.16 , je ne sais pas pour quoi en laisse commercialiser ces engrais très polluants pour nous pauvres sols (teneur en chlore qui provoque des stresses hydriques pour les cultures et très insolubles dans le sols).
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par dzagro » Dim Juil 31, 2011 7:06 pm

Très bon sujet,
Merci pour l'effort, bon courage
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Dim Juil 31, 2011 8:16 pm

alili mostafa a écrit : mais pour d'autres grandes erreurs commises et déployés par cette entreprise soit-disant spécialisée dans la fertilisation minérale ; les engrais chlorés tel le 15.15.15 et le 16.16.16 , je ne sais pas pour quoi en laisse commercialiser ces engrais très polluants pour nous pauvres sols (teneur en chlore qui provoque des stresses hydriques pour les cultures et très insolubles dans le sols).


Merci pour ces informations.
L'ITGC a-il publié quelque chose sur le MAP?
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Dim Juil 14, 2013 1:42 pm

Qui a des références sur l'engrais phosphaté de ProFert en fertilisation foliaire (combiné à des oligo-éléments) sur céréales?
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par dzagro » Jeu Juil 18, 2013 11:30 pm

il faut se référé au lynx, c'est lui qui a plus d'infos sur ça
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par chsaid » Dim Juil 21, 2013 1:23 am

je ne veux pas faire la publicité, mais je me trouve obliger de vous aider, voir ce site:  
http://www.profert-dz.com/engrais_solubles.html
j'espère que vous trouverez la réponse...
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Dim Juil 21, 2013 12:13 pm

chsaid a écrit :je ne veux pas faire la publicité, mais je me trouve obliger de vous aider, voir ce site:  
http://www.profert-dz.com/engrais_solubles.html
j'espère que vous trouverez la réponse...


Mr Arezki Meckliche et Mme Hanefi Mekliche ont utilisé dans un essais de l'Agriphos de cette société. Les rendements ont bien augmenté.
Coclusion:
- les oligo-éléments,
- le P2O5

peuvent être apportés par voie foliaire.
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Dim Sep 01, 2013 2:02 pm

alili mostafa a écrit :merci pour les infos ,
il faudra noter que toutes les carences en macros et micros éléments sont  conséquence de la carence en phosphore (développement racinaire) et c'est ça le problème de la fertilisation algérienne , le phosphore est très immobile dans le sol , il faut  l'apporter  tôt (en localisation ou avant semis  de 1 mois),
autre chose a dire , c'est pas Profert qui a choisi le MAP , ce dernier est un engrais classique , utilisé auparavant dans d'autres pays développes (france , espagne ...).
c'est bon pour les erreurs de la fertilisation phosphaté , mais pour d'autres grandes erreurs commises et déployés par cette entreprise soit-disant spécialisée dans la fertilisation minérale ; les engrais chlorés tel le 15.15.15 et le 16.16.16 , je ne sais pas pour quoi en laisse commercialiser ces engrais très polluants pour nous pauvres sols (teneur en chlore qui provoque des stresses hydriques pour les cultures et très insolubles dans le sols).


Merci pour ces informations.
Concernant les engrais phosphatés associés à de l'ammonium tel le MAP et di-ammonium de phosphate (DAP), le mélange en lui même est de pH 4,5.

I-Le mécanisme:
Mais l'explication de cette meilleure utilisation du P par les plantes est à chercher ailleurs: la sécrétion d'ions H+ par les racines à chaque fois qu'elles absorbent H3PO4-. La plante réalise tout simplement un équilibre afin que son pH intérieur ne varie pas. Mais cette acidification de la rhizosphère qui peut être de 2 à 3 unités évite une rétrogradation trop importantes du P par le Ca2+ du sol sous des formes d'apatite.

http://cropscience.ch/WordPress//wp-con ... _ii_p2.jpg Remarque: Avec l'agar, ils mettent un indicateur de pH. C'es seulement dans cet effet qu'il est utilisé.

Ce lien avec la communication et le schéma suivant montre l'effet de différents types d'engrais potassiques sur le pH de la rhizosphère.
http://www.volkerkleinhenz.com/publicat ... age016.gif

II-L'application pratique.

1) Utiliser le DAP et MAP à la place du super phosphate 45. Si j'étais agriculteur, je n'utiliserais que du DAP. Rappel essais ITGC (voir leur site): pour100 kg/ha de TSP le rendement est de 38 Qx/ha contre 56 qx avec 100kg de MAP (dommage que l'essai ne précise pas la dose totale d'azote apportée dans les deux cas. En tout cas, 18 qx/ha avec le DAP, c'est intéressant.  Si on compte: 18 qx x 4500 DA = 81 000 DA, cela rembourse totalement le prix de l'engrais.

Il devrait y avoir plus de mémoires d'ingénieur agronome sur la question. Il faudrait tester DAP en localisé au semis du blé dur ou orge. Je pense que les résultats pourraient être intéressants.

2) Par ailleurs, il serait intéressant d'essayer d'utiliser en localisé (près de la semence de blé) lors du semis du super phosphate et urée afin d'avoir le même effet que le DAP. Puisque l'urée est transformée par l'uréase en ammonium. A voir.

BELAID Djamel .
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Dim Sep 01, 2013 2:53 pm

chsaid a écrit :je ne veux pas faire la publicité, mais je me trouve obliger de vous aider, voir ce site:  
http://www.profert-dz.com/engrais_solubles.html
j'espère que vous trouverez la réponse...


Vous avez tout a fait raison de nous renvoyer au site de PorFert. Ils qualifient "d'archaïque" la fertilisation en Algérie. Et ils ont bien raison.
- DAP,
- AgriPhos (en pulvérisation foliaire),
- Produits anti-chlorose pour arbres fruitiers, ...
il s'agit là d'une révolution technique pour l'agriculture algérienne.

L'été est propice aux lectures et à l'écriture. Une réflexion que je soumet à chacun.

ALGERIE:REVISITER LA FERTILISATION PHOSPHATEE DES CEREALES.
« P for two »:Une nouvelle technique pour produire plus en dépensant moinsd'engrais.


Djamel BELAID Ingénieur Agronome. Enseignant chercheur.      djamel.belaid@ac-amiens.fr


Traditionnellement, les pratiques agricoles consistent à ne cultiver qu'une seule culture par parcelle. On cultive du blé, des pois chiche ou des fèves dans des champs séparés. Depuis quelques années se développe la technique des cultures associées: blé associé à un pois protéagineux par exemple. A la moisson, on récolte blé et pois ensemble mais un tri des graines permet ensuite de séparer chacunedes espèces. Des travaux réalisés dans le sud de la France montrent que les grains de blé sont plus riches en azote etprotéines qu'un blé cultivé tout seul.


LE BLE, UNE CULTURE QUI AIME LA COMPAGNIE


Cette technique des cultures associées est connue des agricultures Algériens qui produisent des fourrages de vesce-avoine. Mais, la révolution qui pointe consiste à étendre cette pratique à des cultures destinées aussi à l'alimentation humaine.


Déjà les essais des agronomes fleurissent: blé et pois-chiche, blé et lupin ou maïs et fèverole. Les exemples sont nombreux selon l'imagination des agronomes australiens, indiens ou chinois.


Jusqu'à présent les essais de cultures associées visaient l'association d'une céréale et d'une légumineuse dans le seul but de réduire l'utilisation d'engrais azotés. En effet, les légumineuses ont la capacité de fixer l'azote de l'air. Durant leur croissance, elles en libèrent une partie dans le sol. Si on cultive du blé à proximité d'une légumineuse, ce dernier peut donc profiter de l'azote assimilable qui se retrouve à proximité de la légumineuse.


Récemment des agronomes se sont rendus compte que la céréale ne bénéficiait pas seulement de la capacité de la légumineuse à fixer l'azote mais aussi de sa capacité à favoriser les prélèvements du phosphore du sol.


« P FOR TWO ».


Depuis partout dans le monde les recherches vont bon train. C'est que l'enjeu est de taille.En effet, les réserves de phosphates mondiales sont limitées et certains économistes parlent d'un épuisement d'ici une cinquantaine d'années. On pourrait rétorquer que les agriculteurs Algériens ne sont pas concernés par ce risque d'épuisement. En effet, comme pourle gaz, l'Algérie possède d'énormes réserves de phosphates. Mais,il y a un autre problème qui fait que les cultures associées sontun atout pour l'agriculture locale. La majorité de nos sols sontcalcaires. Or, le calcaire a la redoutable capacité de bloquer lephosphore apporté par les engrais. Dans les sols les plus riches encalcaire, le Pr Fardeau (France) a montré que ce blocage des engraisphosphatés peut être une affaire de quelques semaines. D'autrestravaux montrent qu'en cas de déficit hydrique, le taux réeld'utilisation de l'engrais phosphaté ne dépasse pas 15%. C'est lecas du superphosphate majoritairement utilisé localement. Depuispeu, un nouveau type d'engrais: le di-ammonium phosphate (DAP) estdisponible sur le marché. L'association d'ammonium confère un effetacidifiant au DAP et retarde l'effet de blocage du calcaire du sol.Un essai de l'IDGC comparant sur blé le super phosphate 45 et ledi-ammonium de Phosphate montre un avantage de 18 qx/ha pour cedernier.


Cependant, la flambée des engrais phosphatés sur le marché mondial se répercute localement; ces engrais coûtent de plus en plus chers. Par ailleurs,la faiblesse actuelle des rendements céréaliers en culture non irriguée ne permet pas toujours de les rentabiliser. Les cultures associées deviennent donc une solution séduisante. Il devient inutile d'apporter des engrais azotés et phosphatés sur les cultures.


Il existe certes une pratique agronomique qui consiste à alterner annuellement les cultures sur une parcelle. De tout temps, les agriculteurs ont remarqué qu'un blé qui suivait une légumineuse ou une prairie produisait plus. Il y a en effet un adage répandu en Europe: «Veux-tu du blé ? Fais des prés ». Les céréaliculteurs locaux connaissaient bien l'effet des jachères pâturées. Avant l'introduction du désherbage chimique et de l'actuelle forte pression de l'élevage ovin, les résidus des légumineuses pâturées telles le medicago permettaient un fort enrichissement du sol en azote et en phosphore. Le pâturage de la jachère permettait de réduire le risque de forte infestation en mauvaises herbes pour la culture de blé qui suivait.


Cependant dans le cas des cultures associées l'effet des racines de la plante accompagnant la céréale est parfois éphémère. Aussi, seule la technique d'associer deux culture peut permettre de profiter de cet effet parfois fugace de la rhizosphère. Le chercheur français Hinsinger résume cet intérêt mutuel par la boutade: « P for two ».


DES RESULTATS PROMETTEURS.


De nombreux essais en laboratoire sont mis en place de par le monde. Ces dernières années,des ingénieurs agronomes chinois ont publié les résultats de leurs travaux. Ils sont époustouflants. Le Pr Long Li et ses collègues obtiennent des rendements en hausse de 49% lorsqu'il associent du maïs à de la féverole.


Associé à la féverole le maïs produit jusqu'à 129 quintaux par hectare. Si on remplace la féverole par du blé, le rendement de maïs n'est plus que de 92quintaux. L'engrais phosphaté devient inutile, voire même nocif: à la dose de 112 kg, le rendement baisse même à 109 quintaux.


D'autres associations permettent également des améliorations de rendement: blé et lupin,blé et pois-chiche.


Dans le cas de l'association maïs-féverole l'explication de la meilleure disponibilité du phosphore dans un sol pourtant pauvre en phosphore facilement assimilable vient de trois types d'interactions qui se produisent dans la rhizosphère.

Les racines des féverole provoque une acidification de la rhizosphère qui rend assimilable le phosphore du sol auparavant bloqué. Afin de montrer cet effet, les promoteurs de cette technique ont mis des racines de féverole au contact d'un marqueur d'acidité. Et contrairement aux racines du maïs, la couleur apparue indique nettement une acidité marquée autour des racines de féverole.


Par ailleurs, ses racines secrètent des acides carboxyliques qui dissolvent les formes de phosphore insolubles. Enfin, les racines sont capables de produire des enzymes telle des phosphatases qui accélèrent la transformation du phosphore organique en phosphore assimilable par les racines. Cela a été particulièrement observé chez le pois-chiche.


DES PERSPECTIVES ALGERIENNES


Ces résultats agronomiques offrent des perspectives certaines à l'agriculture algérienne.


Il est à espérer que la recherche agronomique locale permettra de confirmer les meilleures associations possibles dans les conditions algériennes. En effet,selon les sols, les espèces et les variétés, les résultats escomptés peuvent varier. Ainsi, le lupin blanc qui présente une très forte capacité à mobiliser le phosphore du sol ne s'adapte pas aux sols trop calcaires. Des programmes d'amélioration génétiques à travers le monde visent à sélectionner des variétés tolérantes. La prospection du territoire nationale afin de trouver des écotypes tolérants reste à faire. Idem, concernant les variétés de céréales locales ayant tout le temps vécu sur des sols à fort pouvoir fixateur de phosphore et ayant pu développer des stratégies de résistance telles un système racinaire particulièrement développé permettant ainsi de mieux prélever le phosphore du sol.


La féverole, bien connue des agriculteurs Algériens, offre un candidat idéal pour une association avec le blé. Idem concernant le pois chiche et les remarquables capacité de sa rhizosphère à mobiliser le phosphore du sol.


Il faut encore voir à quelle dose et comment semer deux espèces différentes sur une même parcelle et surtout comment régler la moissonneuse-batteuse afin de les récolter ensemble. Sans parler des questions de maîtrise des mauvaises herbes durant la culture associée.


Les cultures associées offrent une opportunité contre un mal récurent des sols Algériens consacrés aux céréales: la carence des sols en phosphore. Solution que l'agriculture « moderne » grosse consommatrice d'engrais ne sait résoudre.
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Dim Sep 01, 2013 3:43 pm

Je voudrais signaler ce bel effort de recherche de Mr MIHOUB Adil sur la comparaison des engrais phosphatés. Il a utilisé notamment la technique de l'incubation. Il a mis des engrais dans des pots et à analysé la teneur du sol en P durant plusieurs mois. Il a aussi mesuré le pH du sol durant trois mois. On constate que le MPA a un effet acidifiant.
Dans un travail de mémoire d'ingénieur ou de magister, il serait intéressant de mesurer l'effet:
- du DAP et non pas seulement du DAP,
- de cette incubation en présence de racines de blé. En effet, l'ammonium entraîne une acidification de la rhizosphère. Et c'est cette acidification qui permet d'absorber plus de phosphore. On remarque que le pH baisse avec le MAP mais que cette baisse ne se prolonge pas au delà de 60 jours. Certains diront, que cette baisse est faible. Mais, ce qui est intéressant, c'est de 1) mesurer le pH près des racines 2)par ailleurs, il faut se rappeler que l'absorption du P par le blé est précoce. Donc à priori, une baisse de pH durant 60 jours, à partir du semis peut suffir à l'absorption de grandes quantités de P par la plante.

Mesure du pH sur 3 mois (plus de détails, voir le lien plus bas).
MAP   7.84   7.91   7.81   8.01   8.00   7.98   7.97
SSP     8.12  8.14   8.13   8.22    8.22   8.19    8.19

[PDF] ADIL THESE MAGISTER
bu.univ-ouargla.dz/MIHOUB-Adil.pdf?idthese=824‎
MIHOUB Adil ... Université Kasdi Merbah. Ouargla. Université Ibn Khaldoun. Tiaret ... phosphaté (MAP, Fosfactyl et SSP) et la dose (30, 60 et 90 unités/ha) à suggérer ... qualité du produit préciserons la dose et le type d'engrais à utiliser ; le ...

ps: je serais intéressé pour co-encadrer un étudiant faisant son mémoire sur ce thème. Des résultats d'incubation avec du DAP et SP 45 et avec des plantes dans les pots pourraient permettre une belle publication.
Djamel BELAID.   Enseignant-chercheur   djamel.belaid@ac-amiens.fr
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Re: Fertilisation phosphatée, gare aux erreurs!

Message par Elbatni » Mar Déc 24, 2013 6:16 pm

Une réflexion sur la localisation des engrais. Il serait intéressant de procéder à des essais. C'est là un beau sujet de mémoire.
Une application pratique également serait de fabriquer un kit montable sur les semoirs utilisés en Algérie.



ALGERIE : LOCALISER LES ENGRAIS EN CEREALICULTURE


Djamel BELAID 24 12 2013


A l’étranger la localisation des engrais au plus près de la semence a longtemps été réservée aux cultures à large écartement : comme le maïs ou la betterave à sucre. Mais depuis quelques années sont apparus des semoirs à double trémie pour les céréales. Qu’en est-il en Algérie ? Cette méthode a-t-elle un intérêt en Algérie ?

UN ETAT DES LIEUX
En Algérie, l’épandage des engrais est principalement réalisé sous forme de produits solides réalisés épandeurs centrifuges ou en utilisant des semoirs à grains. Les engrais phosphatés et potassiques sont parfois épandus avant labour de jachère. Ces épandages s’effectuent dans un contexte de forte hausse des prix des engrais, un fort pouvoir fixateur des sols vis-à-vis des engrais phosphatés et les risques de stress hydriques.

DE NOMBREUX INTERETS
La localisation est particulièrement intéressante dans le cas des engrais phosphatés et ammoniacaux.  Dans le cas des engrais phosphatés, le fort pouvoir fixateur du sol provoque une rapide insolubilisation en particulier dans le cas du superphosphate. Positionner au plus près les engrais de la semence permet leur meilleure absorption par les racines avant ce risque d’insolubilisation.Quant aux engrais ammoniacaux tels l’urée, les risques de volatilisation dans l’atmosphère sont grands. La localisation avec enfouissement réduit cette volatilisation d’autant plus que les températures et le vent fort sont des facteurs aggravants.
Les agriculteurs étrangers pratiquant la localisation affirment que cela leur a permis de réduire de 20% les doses d’engrais employées. Par ailleurs, la localisation permet d’économiser un passage de tracteur.

DIFFERENTS POSITIONNEMENT DE L’ENGRAIS
Les possibilités de positionnement offertes par le matériel existant sont multiples. On en dénombre cinq.
La majorité des engins proposent une localisation de l’engrais sur la ligne de semis. C’est la solution la plus simple et la moins coûteuse.Elle présente l’inconvénient de risque de brûlures des graines en cas d’emplois d’engrais assez agressifs tel l’urée. Cette toxicité n’est cependant avérée que pour des doses élevées d’engrais (150 à 200 unités d’azote/ha).
Afin d’éviter le contact avec les semences, un autre procédé consiste à positionner l’engrais dans le rang, mais quelques centimètres plus bas que les semences. Certains constructeurs proposent un léger décalage (5 à 7cm) sur le côté par rapport à la semence. Une autre solution est l’incorporation des engrais entre deux lignes de semis. Le dernier procédé consiste en un positionnement des engrais au dessus des semences.

QUEL MATERIEL UTILISER ?
Les semoirs avec localisateurs d’engrais sont quasiment absents en Algérie. Comment donc réaliser une localisation des engrais ?En attendant l’importation de ce type de matériel, voire d’une production locale adaptée, une solution est possible. Il s’agit de mélanger engrais et semences dans la trémie du semoir. On évitera bien entendu les engrais agressifs tels l’urée;bien que cela reste à préciser. Selon le Pr DOTCHEV, coopérant  bulgare en poste dans les années 80 à Batna,cette technique est possible en évitant cependant de laisser toute une nuit semences et engrais en contact dans la trémie. On peut penser, que pour de faibles doses et pour des durées courtes, l’association de semences et d’engrais dans une même trémie est possible. Et cela, sans conséquence sur la germination des graines de céréales.
A cet égard, il serait intéressant que des étudiants en agronomie travaillent sur ce sujet dans le cadre de leurs mémoires de fin d’études.Des références précises quant aux possibilités de mélanges d’engrais dans la trémie du semoir et des conséquences avant semis mais également in situ sont à acquérir. Les agriculteurs et leurs techniciens de Chambre d’Agriculteurs, de leurs côtés, se doivent de tester ces différentes possibilités.

En résumé, face à l’augmentation du prix des engrais, il devient urgent d’arriver à une meilleure efficacité dans leur utilisation. Les conditions pédoclimatiques particulièrement difficiles (sols calcaires et stress hydrique) rendent urgent l’adoption de techniques performantes. A ce titre, la localisation des engrais est un moyen particulièrement intéressant.
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